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Résistance, résistantes et résistants dans le Pas-de-Calais (1940-1945)

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Un témoignage sur la mort du capitaine Ansart

« Avant la vraie libération, on attendait les alliés. Ils ont fait leur entrée à Lillers le 3 septembre 1944. Les FFI (Forces françaises de l'Intérieur) ont été répartis en groupe pour faire la chasse à l'ennemi. Les Allemands qui ont tué Ansart étaient retranchés dans un garage (rue des Remparts) au fond d'une ruelle. À la bibliothèque actuelle. » - C'est à la rue des Cliquets où le Capitaine Ansart a perdu la vie ?

« Oui, oui. Le Capitaine s'était mis derrière un Allemand. Il les a sommés de se rendre. Mais cela ne s'est pas déroulé comme prévu. » - Qu'a fait le Capitaine Ansart ? « Derrière le prisonnier allemand, qui soit disant s'est écarté, des officiers allemands ont tiré. C'est malheureux. Je crois qu'une balle l'a traversé en plein coeur. Marié, il avait 42 ans. Moi, j'ai monté la garde à son chevet. Le lendemain, il a été transporté à la maison Dumetz, chez des résistants. » - Après la mort du capitaine Ansart, la chasse à l'ennemi s'est poursuivie dans Lillers. De quoi vous souvenez-vous également ?

« Les Allemands étaient retranchés sur le Plantin. Il y avait une vieille ligne de chemin de fer. Une dame habitait là. Elle nous a raconté qu'elle a été obligée d'aller à la cave. Les Allemands lui ont dit : « Ne sortez pas parce que nous avons eu ordre de tirer sur tout ce qui bouge. » Elle est restée 2-3 jours dans sa cave. » - Y avait-il un sentiment d'angoisse et de peur à l'approche de la Libération ?

« Non, c'était plutôt l'allégresse. Écoutez l'histoire. Les Allemands n'étaient pas partis, ils étaient éparpillés. Mais toute la ville était pavoisée avec des drapeaux bleu blanc rouge. D'un seul coup, on entend : « Il faut retirer les drapeaux. Les Allemands reviennent.

  » Alors, tout le monde s'est dépêché de les enlever. L'ennemi a encore tiré du Plantin, sur Lillers. Des obus sont tombés sur le cinéma Le Palace. » - Et les résistants dont certains ont leur nom sur une autre plaque, place des FFI ? Comme Paul et Aimé Martin ?

« Ce sont deux cousins à ma femme. Paul, le plus âgé, s'est fait tuer rue des Remparts où les Allemands étaient retranchés. Alors Aimé s'est dit : « Je vais aller venger mon cousin. » Lui aussi est tombé en sautant par-dessus le mur. » Parlez-nous de James Tozer ?

« Il était jeune. Vingt ans le bonhomme. Il habitait avec sa mère qui tenait un café en face de la mairie. Il a été dénoncé car il était secrétaire des Jeunesses communistes. L'ennemi l'a fusillé à la citadelle d'Arras en 1942. » Mickaël ROUSSEL (CLP)

Nord-Eclair, 6 août 2010