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Résistance, résistantes et résistants dans le Pas-de-Calais

(1940-1945)

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Introduction

Une littérature importante depuis la guerre, œuvre des témoins directs, des journalistes, des sociétés savantes, des universitaires, parmi laquelle émerge la puissante et brillante synthèse d’Etienne Dejonghe et Yves Le Maner

L'étude de la Résistance pose bien des problèmes:

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problème de définition tout d'abord qu'il est nécessaire de rappeler.
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Un combat contre l’occupant, c’est-à-dire contre l’Allemand, qui devient par nécessité combat contre Vichy.

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 Un combat volontaire, bénévole (l’argent, en théorie n’intervient que très peu) et risqué

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Une typologie de la Résistance (résistance militaire, politique, humanitaire, civil)

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une problématique importante. La Résistance se décline-telle au singulier ou au pluriel ? Les acteurs, dans les moindres localités, ont bien conscience d’une résistance duale où sont confrontés « gaullistes », au sens large du terme et communistes, mais on ne peut faire abstraction d’autres résistances . D’où l’importance des motivations et des sources d’inspiration de la dite Résistance

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comment et pourquoi entre-t-on en résistance?
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comment?
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 résistance réflexe nourri du patriotisme au quotidien

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résistance recherchée, de ceux qui "cherchent à agir et veulent s'intégrer dans une organisation »

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résistance sollicitée quand les organisations deviennent assez fortes pour éprouver le désir d'occuper le terrain

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pourquoi?
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le sentiment patriotique nourri d'un anti-germanisme évident: souvenirs de la Grande Guerre et de l'invasion renforcé par le poids de plus en plus lourd de l'occupation.

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l'antifascisme évident nourri de l'espérance réformiste, voire révolutionnaire

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l'opportunisme aussi qui apparaît quand la victoire est assurée et qu’il convient de se recaser pour l’avenir. Nombre de résistants tardifs investissent alors pour une éventuelle carrière politique, voire militaire : cela ne nuit pas forcément au sérieux de leur engagement

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  les sources d'inspiration de la Résistance
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le gaullisme bien entendu : l'appel du 18 juin constitue une référence majeure, dont les effets ne sont pas forcément immédiats. Le rôle de la radio de Londres est tout aussi déterminant et constant

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le communisme, par essence révolutionnaire, qui lie le sort de la patrie"France" à celui de l'U.R.S.S..

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une question qu'on ne pourra pas toujours  éluder.. existe-t-il une résistance d'inspiration nationaliste qui a pu se complaire avec le mythe du double jeu... une espèce de résistance pétaino-gaulliste dont on trouve maints exemples dès 1940 et même après? La germanophobie qui conduit certains à résister, au nom d’un patriotisme intransigeant, peut s’accommoder de la Révolution nationale

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les besoins des services secrets britanniques, du BCRA et autres

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La Résistance ne peut pas faire abstraction du territoire et de la société dans laquelle elle se développe, ni des conjonctures particulières au conflit qui se déroule Il convient de rappeler ce qu’est le département pendant la guerre
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Le Pas-de-Calais est un département qui offre une large diversité et oppose les plus vifs contrastes économiques, sociologiques et politiques.

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 Un département peuplé (>1M habitants), urbanisé l’un des plus dynamiques de France, qui tient sa puissance de la première industrialise (triptyque charbon-textile-acier), mais aussi un riche département agricole

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La vocation industrielle et ouvrière du département est principalement assurée par le bassin minier, terre ancienne de gauche, de syndicalisme, de socialisme, où le parti communiste est en situation d’affrontement avec la SFIO.

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Nombre de petites et moyennes villes, plus ou moins industrialisées, plus ou moins commerçantes, plus ou moins somnolentes. Elles sont sociologiquement diversifiées. Domination des notables républicains, mais les luttes politiques s’y avivent dans les années trente

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 La frange littorale est dominée par les deux ports de Calais et de Boulogne; c'est un secteur dynamique au plan industriel. Vifs contrastes sociaux traduits dans les luttes politiques dans lesquelles les partis ouvriers prennent une large part

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 Les zones rurales occupent l’essentiel de l’espace mais sont loin d’être monolithiques. Diversité au plan du dynamisme agricole (l’est est plus prospère que l’ouest, diversité politique : les cantons conservateurs s’opposent aux cantons radicalisants…

Double choc de la guerre et de la crise

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Le souvenir de la première guerre mondiale reste prégnant (zone de front, avec un Pas-de-Calais occupé, mais aussi une forte présence britannique qui a nourri un puissant courant d’anglophilie qui ne s’est pas démenti entre les deux guerres.

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La crise des années trente touche en profondeur l’économie, obère le revenu des paysans, des patrons, des classes intermédiaires urbaines, provoque chômage et misères dans de larges couches populaires. Exacerbation des tensions sociale ; progrès de la gauche de 1936 à 1938 qui profite aux communistes dans les bassin minier, aux socialistes dans les zones rurales.

Les particularités de l'invasion et de l'occupation
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L’invasion, pour courte qu’elle fut, s’y est révélée brutale. Une véritable bataille s’y est déroulée où le courage des troupes, tant françaises que britanniques, a été remarquable. La sauvagerie nazie a pu s’y déployer dans de nombreux massacres de civils et de prisonniers..

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L’occupation, d’emblée, pèse lourdement et surtout le département, avec celui du Nord est rattaché commandement militaire de Bruxelles, ce qui laisse planer la menace d’annexion en cas de victoire allemande ; il est aussi situé dans une zone interdite, . La présence allemande, variable selon les lieux et le temps, est globalement lourde.

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Le Pas-de-Calais reste pendant toute l’occupation un front possible de guerre, d’où l’existence d’une zone rouge où évoluent les troupes opérationnelles, où on élève le Mur de l’Atlantique, où on construit à partir de 1943 des « constructions spéciales »

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