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Résistance, résistantes et résistants dans le Pas-de-Calais

(1940-1945)

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Les réseaux du SR français

Les résistants précoces de la région furent parfois sollicités par des services de renseignements d'origine française, mis en place de façon clandestine au sein même du sérail militaire de Vichy. Il faut dire que la résistance de ces milieux militaires d'obédience vichysoisse fait encore aujourd'hui l'objet de maintes controverses, tant il est vrai qu'elle présente des aspects ambigus, notamment par les activités du service des Menées Anti-Nationales qui ne se contentaient pas seulement de mener la lutte contre les agents de l'ennemi. Mais il est certain que cette résistance "nationaliste" eut des contacts avec les services britanniques; par ailleurs, elle utilisa de nombreux agents locaux pour qui leur participation à la geste résistante ne faisait aucun doute et qui bien souvent payèrent de la vie ou de la déportation leur activité.

Des réseaux clandestins du 2ème bureau français se sont mis progressivement en place dès l'été 1940; ils étaient actionnés par le colonel Rivet. Celui-ci définissait sans ambiguïté une mission générale aux services spéciaux de la Défense Nationale -renseignement et contre-espionnage- qu'il commandait: "la lutte continue quoi qu'il advienne". Si ces renseignements étaient destinés en priorité au Deuxième Bureau de l'Armée française, ils atteignaient les Etats-majors britannique et américain, vers lesquels ils transitaient par trois filières: Dupuy, ambassadeur du Canada, les attachés militaires de l'ambassade américaine, le Portugal. Parallèlement, le colonel Paillole organisait ses services clandestins de contre-espionnage, sous le vocable anodin des "Travaux Ruraux"; il escomptait neutraliser ainsi l'action des services spéciaux de l'Axe. Il entretenait des rapports avec les services britanniques de contre-espionnage à Lisbonne, avec Garrow à Marseille, avec l'ambassade américaine de Vichy, avec les Américains de Tanger. Les réseaux du S.R. touchèrent le Nord de la France dès l'automne et Jacques-Yves Mulliez, rencontré plus haut, était leur agent rapidement formé, durant l'été, à Vichy même.