Flag of Free France 1940-1944.svg

Résistance, résistantes et résistants dans le Pas-de-Calais

(1940-1945)

Accueil

 

Emilienne Mopty

Emilienne Mopty, femme de mineur, habite la cité du Dahomey à Montigny-en- Gohelle. Militante communiste, elle a fait ses premières armes dans les grèves de 1933-1934. Au moment de la grande grève des mineurs de mai-juin 1941, elle prend la tête des manifestations de femmes à Hénin-Liétard et à Billy-Montigny, action qui eut un certain retentissement puisque Saint-Jean (Maurice Duclos),  agent gaulliste envoie un rapport à Londres en juin indiquant que les femmes de mineurs avaient libéré des Allemands leurs maris. Sans doute a-t-il amplifié la réalité d’un événement qu’il n’a connu que par ouï-dire.

Dès l’été 1941, Emilienne Mopty devient l’agent de liaison de Charles Debarge, organisateur de l’Organisation Spéciale (FTP en avril 1942) dans le département du Pas-de-Calais. Pour lui et ses compagnons, elle transporte des armes et des explosifs, cherche des refuges. Elle est arrêtée une première fois en janvier 1942, mais elle est relâchée huit jours plus tard, faute de preuves. Trois mois plus tard, le 14 mai, les gendarmes (français) l’arrêtent à nouveau, mais elle s’évade le soir même par la lucarne des toilettes de la gendarmerie. Elle vit dès lors dans l’illégalité et rejoint le groupe Debarge.. Son mari est arrêté et déporté en Allemagne.

Emilienne partage la vie des francs-tireurs, sillonnant le Bassin Minier, en dépit des recherches incessantes de toutes les polices. Fin septembre 1942, elle reçoit mission de se rendre près de la citadelle d’Arras, dans le but d’attaquer un peloton d’exécution dans les fossés.. Mais elle est trahie et au rendez-vous se trouve la Gestapo.

Les Allemands, connaissant le rôle qu’elle joue chez les FTP veulent la faire parler, la livre à leurs tortionnaires : elle subit des traitements atroces ; son corps, bientôt, n’est plus qu’une plaie.

Traduite devant le tribunal militaire de la Feldkommandantur d’Arras, elle est condamnée à mort. Le 18 juin 1943 à 19 h 30, Emilienne Mopty est décapitée dans la cour de la prison.  Avant de poser la tête sur le billot, elle murmure « mes enfants », puis commence lentement le chant de l’Internationale, interrompu par la hache du bourreau[1].


 


horizontal rule

[1]   Estager Jacques, Ami entends-tu ? La Résistance populaire dans le Nord-Pas-de-Calais. Messidor, Editions sociales, 1986. Pour la mention relative au réseau Saint-Jacques, recherches René Lesage dans les fonds du BCRA aux Archives Nationales.