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Résistance, résistantes et résistants dans le Pas-de-Calais

(1940-1945)

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Instructions générales concernant l'action des F.F.I. à l'approche des Alliés (données par le régional F.F.I. Bastien).- 24 août 1944

 

I- Généralités

En raison du développement rapide de la situation, votre département peut se trouver à bref délai, en partie ou en totalité, à proximité immédiate de la zone de combat.

- Les moyens de liaison dont vous disposez actuellement étant relativement lents, il est indispensable que chaque chef de secteur soit orienté sur la conduite à tenir dans les divers cas qui peuvent se présenter, afin d'être en mesure de mener le combat et d'agir avant et sans même avoir reçu les ordres détaillés du commandement.

- Le but de cette note est de vous fixer à chacun, dans les grandes lignes, afin que malgré la décentralisation, la cohésion subsiste.

- L'attention de chaque chef de secteur est attirée sur le fait que la situation de vos départements vous crée des conditions de combats différentes de celles qu'ont pu mener ou mènent encore les forces des maquis des Alpes, du Jura ou Massif Central ou encore les provinces de l'Ouest, du Centre ou du Sud de la France.

- Vos départements se trouvent en effet sur les arrières de l'ennemi. La densité des troupes ennemies augmente chaque jour par suite de leur repli. Mais d'un autre côté, nous pouvons espérer que d'ici quelques jours des parachutages massifs nous seront livrés.

 

II- Missions générales

            Les missions de combat du F.F.I. sont de trois ordres:

            - le combat clandestin

            - la guérilla renforcée

            - le combat à découvert

 

A) Le combat clandestin

            C'est le combat actuel

            But: gêner l'ennemi dans ses moyens de communication, de liaisons, de transport. Créer une athmosphère d'insécurité par attaque d'objectifs isolés. Ralentir les déplacements, en particulier de ses renforts.

            Mode d'action: par ruse et non par force. Agir par petits groupes d'une dizaine d'hommes chacun. Eviter l'accrochage.

 

B) La guérilla renforcée

            But: isoler les garnisons ennemies les unes des autres. Augmenter l'insécurité par l'attaque de petits convois routiers et convois ferroviaires. S'emparer des armes et des munitions des convois attaqués.

            Moyens d'action: toujours par ruse et par surprise. Toutes les unités déjà armées et 50% de l'effectif non encore armé doivent prendre le maquis. Ces unités sont rassemblés dans des lieux de cantonnement ou de bivouac à proximité des emplacements d'attaque. Font exception à cette règle les équipes de parachutage qui doivent rester près du terrain, les équipes de protection et éventuellement les équipes du plan PAUL

            La deuxième moitié de l'effectif non armé est appelée à prendre le maquis au fur et à mesure de l'arrivée des armes parachutées ou de la saisie d'armes ennemies.

            - Les opérations sont effectuées par des unités plus importantes (organisées militairement bien entendu= groupes, sections, compagnies, etc..) d'un effectif d'une ou deux sections soit trente à soixante hommes munis d'armes automatiques et si possible d'armes anti-char (bazoukas, piats). En cas d'infériorité numérique: décrocher.

            - Ravitaillement en vivres: effectuer par stockage de sécurité si possible, sinon par réquisition sur le pays (bons à établir par un officier F.F.I. et remis au préalable par le chef départemental en blanc.

 

C) Le combat à découvert

            But: s'emparer des points importants du département (grandes villes, carrefours routiers, ponts, etc..). Défendre les points vitaux (ouvrages d'art importants, centrales électriques, équipements industriels, emplacements de mines posées par les Allemands). Tenir ces points jusqu'à l'arrivée des Alliés (pour la conduite à tenir après l'arrivée des Alliés, voir paragraphe IV).

            Mode d'action: Attaquer l'ennemi en force, mais toujours par surprise. Toutes les unités F.F.I. prennent le maquis. Elles cantonnent ou bivouaquent en fonction de leur mission. Si des hommes ne sont pas encore armés, il faut le faire par surprise sur l'ennemi. Le ravitaillement en vivres est effectué dans les mêmes conditions que dans le cas de "guérilla renforcée".

 

III. Déclenchement de ces missions

- Actuellement nous sommes dans le cas A (combat clandestin)

- Pour le cas B (guérilla renforcée) sur ordre donné par la radio de Londres, ou en cas d'évolution rapide de la situation, sur ordre de la Région, du Département ou des Chefs de Secteurs. (en principe si le front n'est pas stabilisé et si les troupes alliées sont à moins de soixante kilomètres du secteur).

- Pour le cas C (combat à découvert), sur ordre donné par la radio de Londres ou à défaut sur ordre du Chef de Secteur. En principe, si le front n'est pas stabilisé et les troupes alliés à trente kilomètres du Secteur)

NB: Il est bien entendu que ces mesures de déclenchement sont des pis-aller et que chaque fois que le Chef Départemental le pourra, il donnera lui-même l'ordre d'exécution de l'une ou l'autre de ces missions ou éventuellement d'autres missions plus précises.